Vouloir, c’est faire. Ce peut être la première phase de sa guérison. La volonté est l’antidote de l’irrésolution.

« L’irrésolution est le plus bas degré de la liberté »

« En reculant indéfiniment le moment d’agir, on prend du retard. Vouloir une chose, c’est se donner les moyens de l’obtenir, la fin, elle relève du souhait. L’irrésolu se sent sommé d’agir, puis laisse retomber toutes ses forces. Il commence un mouvement et ne l’achève pas. Cette énergie, dépensée et perdue, alimente le ressentiment et l’aigreur. Agir en pensées et plus épuisant que de se lancer dans l’action véritable »

 Veuillez vouloir…

« Vouloir c’est s’arracher à l’inertie. Se faire violence, effectuer une torsion sur soi. La volonté est cette main, la mienne, qui me tire par les cheveux pour m’extirper de la glue. Étant libre, rien ne m’empêche de vouloir. Un seul impératif : y mettre du sien c’est-à-dire commencer quelque chose à partir de soi.

Angoissant : s’ouvre un gouffre au bord duquel nous nous sentons aussi minuscule qu’un puceron. Mais pour faire une forêt, il a bien fallu planter le premier arbre. Le planter malgré les tempêtes futures et la certitude que je ne serai plus de ce monde pour admirer ses grands ramages. Mes petits enfants pour lesquels je disparaitrai un jour joueront à cache-cache derrière ces arbres. Telle est la grandeur des commencements au regard de notre finitude, de notre solitude et de nos misérables moyens. On ne peut agir dans le vide mais seulement avec un horizon limité. Pour vouloir il faut regarder à peine plus loin que le bout de ses pieds. Sinon le vertige nous paralyse.

Nous retardons avec ingéniosité le moment de commencer. Hésitations, détours, mesure des conséquences : l’esprit s’entortille, s’égare dans ses délibérations. Pendant ce temps, la décision n’a pas attendu. La volonté décide d’elle-même d’accomplir le saut périlleux. Démonter le mécanisme de la décision, refaire l’historique des motifs (la fin visée) et des mobiles (ce qui me pousse à agir) est illusoire. Ces examens sont une petite comédie que nous nous jouons à nous-mêmes pour nous justifier après coup. Comme si nous devions nous mettre en règle avec l’intelligence et satisfaire à un besoin de logique qui logiquement  veut qu’une délibération précède la décision. L’esprit est toujours le dupe du cœur.

Pourquoi s’effrayer du caractère unique, spontané et somme toute irrationnel de notre choix ? La volonté trace dans l’insaisissable instant son propre chemin où court sa vérité. Elle est une grâce.

L’inspiration jaillit à la fine pointe de l’âme à la place d’une décision murie en son for intérieur. L’innocence d’un esprit généreux qui escamotant avec une belle ironie l’absurdité de ce monde, fait confiance à ce qu’il doit faire »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *