Le 6 décembre 2017 à 2h44, Johnny Halliday quitte son corps. Cet évènement me plonge dans un curieux désarroi. Depuis qu’il est sorti de l’hôpital et qu’ainsi l’on sait que sa disparition est imminente, je l’ai imaginé dans son lit, attendant son départ.

A quoi pouvait-il penser ?

Bon sang quelle vie ! J’ai fait ce que j’ai pu, j’ai été balloté comme un bouchon sur l’océan, en tempête souvent, trop souvent surement. Aujourd’hui je vais m’effacer, disparaître des écrans radars, quel vide mon dieu !

Que pouvait-il dire à sa famille ? Comment ce moment se passe-t-il ? Comment lâche t’on prise des attachements?

Peut-être songe-t-il à ce qu’il a chanté :

J’ai, ce que j’ai donné
Si j’ai perdu mes nerfs Quelques fois je l’admets Lorsque vient l’inventaire Je sais bien ce que j’ai
J’ai ce que j’ai donné J’ai ce que j’ai donné J’ai ce que j’ai donné Gardez la monnaie

Que restera-t-il?

Que restera-t-il, De ma course autour du soleil, Que restera-t-il, de toutes mes nuits sans sommeil
Que restera-t-il, De ma voix devant l’Éternel, Que restera-t-il, De moi …

Seul
Avancer seul, Vers un futur qu’on ne connaît pas, Qu’on ne connaît pas
Seul, S’endormir seul, Quand le pire vous a pris le meilleur, Seul
Arriver seul au bout du chemin ,Sans avoir peur , Des lendemains
Et s’endormir seul, Et s’endormir seul

Ce que j’ai fait de ma vie
La nuit tombe, je range ma vie, Comme s’il fallait partir ce soir, Faire un dernier tour, Voir ce qu’on oublie, Autour de soi

Si j’avais su
…Si j’avais su, Si j’avais su la vie, Si l’on m’avait tout dit, Sur elle tout appris, Si j’avais su, Si j’avais su la vie Qui serais-je aujourd’hui ?

Vu de chez moi, le parcours d’un artiste, et surtout d’un artiste reconnu est particulier. Particulier car je peux imaginer qu’il a eu une vie riche de symboles extérieurs de richesse et que le départ se fait ainsi plus difficilement. Une vie mondaine et matérielle sans limite, l’ivresse de l’artiste adulé, la scène, le spectacle, des mondes extraordinaires. Ces personnages oscillent entre sommets et abysses.

Chaque existence est porteuse du même modèle :
l’enchaînement désir-plaisir-souffrance.

En ce qui les concerne; le plaisir devient ivresse, la souffrance devient insupportable et le désir devient farouche addiction.

Avoir touché ainsi au divin de l’expression de soi et de sa passion est en soi un parcours riche et extraordinaire. Cette richesse doit être transmuté en joie et gratitude. Mais ce qui doit être le plus difficile est de quitter les êtres familiers, les liens, le fondement. Une sacrée dose de foi doit être nécessaire.

Peut-être a t-il vu tout cela défiler, peut être regrette-t-il de l’avoir traversé ainsi, peut-être pas.

 

 

 

 

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