Jouer c’est entrer dans la peau d’un personnage qui va se mouvoir dans un système régulé. Les règles étant les moyens, mais quelle est la fin ?

La fin est la performance, être déclaré « le meilleur », se classer au-dessus des autres, gagner, être gagnant.

Albert Jacquart disait « Un gagnant ? c’est un fabriquant de perdants »

Qu’est-ce qu’un perdant ? Un perdant est une personne soumise à se considérer comme « inférieur », exclue au sens des normes de la société dans laquelle nous vivons, celle qui a placé le vainqueur comme seul personnage digne d’intérêt. L’exclu deviendra la proie de la colère, de la rancœur et de la haine. Que ce soit contre l’autre ou contre lui-même, il deviendra un puits sans fond de noirceur.

Quelques Britanniques, assurément du côté des vainqueurs, ont inventé le Fair-play. Un statut du perdant afin que lui aussi puisse se sentir glorieux. Performant dans la défaite, la distinction du looser, perdant mais fier de juguler sa colère en reconnaissant l’autre comme supérieur!

Quelle affaire ! êtes-vous fier de juguler votre colère ? est-ce possible ?

Pour le vainqueur, est-ce un moyen de se protéger d’une joute qui se ferait hors règles ? Est-ce un moyen de renforcer son statut en favorisant l’auto-soumission du « vaincu » ?

Fair play : Jouer juste ou juste jouer ? Juste jouer serait plutôt « juste s’amuser ». Mais peut-on s’amuser en étant soumis à des règles ?

S’amuser c’est « éloigner le mental de ce qui l’obsède et le fatigue », lâcher prise du mental.

S’amuser relève de la créativité, jouer relève de la performance. L’un détend, l’autre tend.

On dit « jouer au football ». On ne dit pas « s’amuser au football ».

N’y a-t-il pas quelque chose de pourri au royaume du fair-play ?

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