Sens

Je nais dans la souffrance, j’existe dans la souffrance, je meure dans la souffrance. Beau programme!
Confronté à cela, en nous élevant un peu, peut être survient t’il une question : Quel est le sens de tout cela?

L’existence, est une succession de faits, elle ne peut nous indiquer un sens. Elle est, comme une série de pièces de théâtre indépendantes les unes des autres dans lesquelles nous intervenons et dont le seul lien est notre présence et peut être la forme de notre rôle. Elle ne nous montre au mieux que des directions, celles que nous prenons, la plupart du temps, en réaction et en non en action. Nous semblons nous mouvoir avec difficultés dans des systèmes relationnels, humains et autres, répétitifs desquels rien de cohérent n’émerge. L’évènement terrestre est le support de notre survie physiologique et psychologique. Il nous montre, si on l’observe et à force d’analyses, quelles sont ses caractéristiques et par delà les qualités dont nous devrions faire preuve afin de sortir “vainqueur” de ces imbroglios.

Sortir vainqueur, signifie avoir compris et intégré le processus, la leçon, puis s’être empli de la puissance résultante, l’énergie de la victoire sur soi.

Nous recherchons, instinctivement et perpétuellement, à échapper à cette souffrance. C’est une erreur car :
“Ce à quoi tu résistes, persiste. Ce que tu observes, disparait” Osho

Maître et disciple

Le maître est, et le disciple apprend. Un jour le maître t’appelle et te conduit vers la fenêtre ouverte. Il regarde au dehors, en silence. Là, si tu es prêt, tu vois le monde avec les yeux du maître. Tu as fait l’expérience, elle restera ancrée en toi, tu chercheras à la revivre en regardant par ta propre fenêtre avec tes propres yeux.

CNV

En travaillant sur le concept de Communication Non Violente de Marshall B. Rosenberg, mais que j’ai adapté à mes conversations intérieures, en triant jusqu’à atteindre le fond du fond de mon besoin, qu’y (ou qui) reste il ? La PAIX ; Non pas le repos, ou la non agressivité extérieure, mais la non agressivité intérieure. Voilà à mon sens l’ultime : s’aimer !

Naturel Singulier

Le Naturel Singulier qui m’anime, et dont je n’ai pas conscience, c’est-à-dire qu’il est arrière-tâche de mon mental est le producteur de l’intuition selon Spinoza et de l’inspiration selon Ihaleakala Hew Len

Le Naturel Singulier est aux commandes, mais le mental mémoriel dévoie la trajectoire. Ainsi nous loupons la vie et restons dans l’existence conditionnée. L’apparition de la souffrance est le signe que nous n’avons pas atteint la cible.


 

Nébuleuse humaine

Je crois que ce que tous les humains recherchent au bout du bout, en dernière dissection possible, ce fameux bonheur durable, c’est la PAIX. La paix intérieure bien évidemment, celle qui conduit à la paix extérieure.

Imaginons…nous sommes en paix avec nous même, tout est aligné, plus aucune distorsion, l’existence est devenue Vie…prenez le temps, songez-y, cela vaut la peine.

Que se passerait -il ? comment serait cette vie ?

Peut-être cette masse infinie d’énergie disponible ferait qu’il n’y aurait plus rien à faire ici et qu’à l’instar d’une étoile, soumise à une grande énergie intérieure s’effondre sur elle-même avant d’exploser en une infinité de particules qui formeront à leur tour de nouvelles étoiles, notre étoile humaine en ferait de même.

Ainsi, peut être pourrions-nous connaître la suite…(excitant, non?)

On questionnait Jean d’Ormesson :
« Après, tout ce que vous avez vécu, qu’est ce qui vous tient encore debout ?», « l’adversité » répondait-il
Cette image me plaît bien, car en conséquence, sans adversité plus de vie. Bien sûr, en l’état, cette affirmation est difficile à entendre,mais en y réfléchissant un peu…
Sans cette adversité, peut-être ne mettrions-nous pas en œuvre l‘énergie nécessaire à la transformation. Le processus est le même que pour l’étoile, faute d’énergie intérieure, pas d’explosion, pas de nébuleuse, pas de transformation, pas de mutation,pas de renaissance.
Cette adversité n’est qu’un faire-valoir, un partenaire dans la recherche de la paix. Face à elle, deux possibilités s’offrent à nous : rechercher des solutions afin de la contourner ou la comprendre.
Le contournement épuisera notre énergie en de vains détours, la compréhension sera quant à elle, conservatrice et multiplicatrice de puissance.
Le contournement aboutira à une dislocation, la compréhension à un feu d’artifice.
Pour exploser, renaître, il faut de l’énergie intérieure qui s’auto-alimente.
Si nous ne produisons que de l’énergie extérieure, certes pendant un temps, nous brillons, mais un jour nous nous éteindrons faute de carburant.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Effondrement_gravitationnel


Chaînes

A l’instar du Bouddha, je dis : “on ne peut se libérer que de ce qui nous enchaîne”.

Cela s’entend ainsi :

  • qu’il faut au préalable s’apercevoir que nous sommes enchaînés
  • observer, repérer, identifier nos chaînes
  • imaginer qu’il existe la possibilité de s’en libérer
  • enfin, laisser apparaître la fluidité et l’harmonie

ce peut être une version 21ème siècle, des quatre nobles vérités

Attention

Ce samedi précédent la « rentrée » de septembre, je suis moi-même sur la route. Arrêt sur une aire de l’autoroute pour déjeuner. L’endroit est plein à craquer. Chance, il reste une place de parking et qui plus est, au pied d’une table de piquenique, et de surcroit à l’ombre ! il n’y a pas à dire, mais après 500 km de tension à conduire à 130 km/h, collé à celui qui roule à 129km/h, empêché de doubler par celui qui roule à 132km/h et qui me contraint à freiner d’urgence parce qu’il reste sur la voie de gauche pendant 3km, me grappillant mètre par mètre, l’air de rien, les yeux dans le vague, comme si de rien n’était, comme si il ne me voyait pas. Mais, au fait, peut-être ne me voit-il pas ! Aïe

Ma situation sur l’aire de repos est donc réconfortante, enfin, l’univers prend soins de moi.

Je me mets donc à table et profite de ce havre de paix au milieu de ce monde de bruit, de tensions, de bulles hermétiques. Une dame s’en vient, tenant deux petits chiens en laisse, certainement cherche t’elle un coin pour les faire se soulager. Elle se dirige vers la zone arbustive du fond de l’aire. Elle passe devant moi, les yeux dans le vague, ailleurs, de peur que je ne la salue peut-être. Mais voilà, les chiens eux veulent s’arrêter, non pas pour me saluer, mais pour se soulager, là, à deux mètres de la table ! Eh bien oui, le regard de la dame se fait encore plus lointain, plus perdu…et les chiens urines sur mes godasses !

Décidément, ce regard vague a encore frappé. Que ne veut-on pas voir ? L’autre ? Pourtant, il est là et bien là.

Quelques instants plus tard, une famille avec trois très jeunes enfants se pointent sur le sentier. Ne voulant pas me déranger, je vois qu’ils vont s’asseoir dans l’herbe plus loin. La table est grande, je ne l’occupe pas entièrement, je les invite à venir plus confortablement déjeuner. Ils apprécient et viennent. Les enfants sont timides et me regardent en mangeant leurs sandwichs. J’engage la conversation « Bonjour, c’est bon ? Tu as de la chance, tu as des chips… ». Sourires et signes d’approbations me récompensent. « Bientôt la rentrée des classes ? » « Moi, dit la fillette, je rentre chez les grands », « moi chez les moyens, poursuit son jeune frère », Madame n’a pas de couteau pour couper le fromage, je lui propose le mien. Voilà, le casse-croute se poursuit, auréolé de convivialité, d’un temps de connexion, de soleil.

Bon sang, je me félicite de n’avoir pas été « soumis » au regard vague, je suis rechargé…

A bientôt, bonne rentrée !

Que c’est mieux de voir.

Faire le bien

Je constate que je n’ai pas envie de faire du bien aux autres…juste pour faire du bien, guidé par un conditionnement religieux ou morale, tel que l’on me l’a enseigné : « fais le bien, on te le rendra »

Qu’est-ce que faire le bien ? C’est mettre à disposition de l’autre un ensemble d’informations qui augmente sa puissance (au sens de Spinoza)

Dois-je chercher à tous instants, dans toutes les directions ce qui pourrait être ressenti comme bien par les autres ? Comment puis-je en être sur que je fais le bien?

Par définition cette pensée est issue de mes expériences et non de celles de l’autre. Alors ce que je pense être bien pour l’autre, l’est-il vraiment ? Dois-je me satisfaire de mon schéma pensée-action ? me disant que c’est ce que je peux faire de mieux ? est-ce l’intention qui compte ? Pour ma satisfaction vraisemblablement oui, mais pour celle de l’autre qu’en est-il ? Finalement, est-ce un bien pour l’autre ou un bien pour moi ?

Si je veux vraiment faire du bien à l’autre, peut être devrais-je simplement lui demander ce qui lui ferait du bien à l’instant ou je suis prêt à le faire ? Et s’il me demande quelque chose que je considère, moi, comme pas bien, que dois-je faire ? Nous avons tous été confronté à la volonté que la pièce donnée ne soit pas utilisée pour un litre d’alcool mais pour un sandwich. Tout ceci est bien complexe et troublant, osciller entre morale et pragmatisme.

Et si je ne me sentais pas « obligé de faire le bien », ferais-je le mal ? Est-ce que la relation à l’autre est obligatoire ? est-ce que la relation est obligatoirement une relation pensée ? dirigée ? volontaire ? avec nécessité de retour présupposé ? N’existe-t-il pas une relation de fait, ressentie ? une sensation qui me dit que tu me veux du bien ou que tu me veux du mal, que tu m’es bienveillant ou hostile ?

Certainement, cette sensation nous la connaissons, nous la percevons dans la lecture naturelle de l’attitude de l’autre. C’est une lecture animale, qui ne dois rien à la stratégie. Elle s’impose lors de la rencontre et nous percevons immédiatement ce que projette l’autre, selon mes propres pensées.

Je reçois une pièce de monnaie : « Tiens, celui-ci décharge sa culpabilité de riche, ou sa peur de prendre un jour ma place… » voilà, en aucun cas je ne peut imaginer que la bienveillance existe, tant je suis moi-même confronté à un monde « cruel et malveillant à mon égard »

Reprenant les mots d’Osho, « Personne ne te veut de mal, ni de bien d’ailleurs, tant il est occupé à débattre de ces propres problèmes. Les dégâts occasionnés lors de ses combats ne sont que des dégâts collatéraux non volontaires »

Ainsi la relation, semble-t-il, ne se trouve que dans la zone des dégâts collatéraux. Se pourrait-il que ces « informations » soient chargés de « bien » ?

Je réponds « bien sûr ». En effet lorsque je suis moi-même « informé de bien », heureux, exprimant par le sourire, le regard, la bienveillance que je porte à ce monde qui me rend aujourd’hui heureux, je transmets de facto, cette sensation à l’autre et ainsi je deviens réellement bienveillant. Cette bienveillance n’est pas, vous le voyez, issue d’une pensée et d’un acte volontaire, mais simplement issue de mon « bonheur » et des manifestations parfumées qu’il diffuse.

Alors, suffirait-il d’être heureux soi-même pour faire le bien ? Il  semble donc que oui !

Pragmatiquement, qu’est ce qui peut arriver de mieux à un pauvre ? Qu’il rencontre un riche qui partage !

Le Bouddha enseigne : « Tu ne peux pas donner ce que tu n’as pas »

Je ne transmets que ce qui m’habite, ce qui sous tend mon état du moment, la joie, la peur, la haine, la dynamique, l’immobilisme… Je dois donc me sentir bien moi-même pour pouvoir transmettre le bien.

Une morale dit : « fais aux autres ce que tu voudrais que l’on te fasse », moi je dis « fais-toi ce que tu veux faire aux autres »

Faire du bien aux autres sans le « vouloir », sans le « savoir » est suffisant et la meilleure des façons.

Quand on est bien avec soi-même, le rayonnement est le bien. Ainsi notre bien-être ne nous pousse pas à aller chercher un retour de l’autre pour asseoir son statut de « bienveillant ». D’ailleurs nous pouvons remarquer que lors de nos actions volontaires de bienveillance, si le retour n’est pas conforme à celui imaginé, la haine se substitue immédiatement à la bienveillance.

Quelle histoire ! Le miel pourrait devenir vinaigre, Lustucru ? (bof !)

Simplement, regarder autour de soi l’effet produit, ce serait s’attacher, s’alourdir et se raccrocher le boulet du paraître dont on a eu tant de mal à se défaire pour arriver à ce rayonnement.

Être comme l’oiseau dans le ciel, ne pas laisser de traces… ces traces que l’on pourrait être tenté de regarder.

Illusion

Lorsque je regarde un reportage qui montre un monde encore vierge de consumérisme et des diverses aliénations du notre, je rêve de m’y transporter et d’y vivre ainsi, libre et proche de la nature.

En m’y transportant, j’imagine ce que seraient mes jours. Je redeviendrais “cueilleur, chasseur”.
Est ce que ces gens vivent sans règle? sans contraintes? Comment seraient mes relations, seraient-elles apaisées?
Quel serait mon mode naturel de croissance? Chercherais je l’abondance? la sécurité? Chercherais je pour cela à aliéner les moins bien pourvus? (intellectuellement, physiquement, spirituellement…)
Est ce que mes inquiétudes auraient gommées mes distorsions “naturelles”? Serais je plus fort dans ce monde ou dans le mien?

Que serait ma croissance? Le Dalaï Lama dit : «Un ventre vide ne pense pas»
Serais-je soumis au paradigme “cueillir, chasser, manger, avoir peur, dodo”? Aurais-je une possibilité de m’extraire pour “observer et relativiser”?

Ce qui certainement me manquerait serait :«Dans mon champ des possibles, celui d’inventer un reportage sur mon monde actuel et de le comparer». Aurais-je envie d’y aller vivre?

Si je l’imagine ainsi, je constate que mon champ des possibles est bien plus étendu ici que là bas. Il convient donc simplement d’observer, de dégager ce qui là bas semble pacifier mon âme et comment l’importer. Ce voyage a donc été bien utile.

«Notre grande opportunité est là ou nous sommes. Chaque endroit se situe sous les étoiles, chaque endroit est le centre de l’univers» Og Mandino

Cette pensée prend ici tout son sens

 

L’état d’excellence

« L’état d’excellence passe ainsi par la réalisation des différentes étapes de l’âme humaine. Cet état n’a plus besoin ni d’enfer, ni de paradis pour être réalisé.»

La parabole de Râbi’a al-Adawiyya (femme Soufie) prend désormais tout son sens.

On la voit partir portant d’une main un sceau d’eau et de l’autre un fagot de bois.
On lui demande : «Où vas-tu ainsi?»
Elle répond :  «Je vais brûler le paradis afin que personne n’adore Dieu par désir de recevoir une récompense, et je vais éteindre l’enfer afin que personne n’adore Dieu par crainte du châtiment»

Alors que la loi nous fait vivre dans la crainte d’un châtiment divin si nous désobéissons, la foi repose sur la promesse de l’obtention de l’état paradisiaque ou du salut à tous ceux qui se seront bien conduit aux regards de la religion. La foi nous encourage à faire de bonnes actions afin que Dieu nous récompense.

L’état d’excellence, l’âme pacifiée, rejoint l’unité et vit dans cette unité. Cet état de paix ne connait ni châtiment, ni récompense. L’état d’excellence se trouve dans l’unité de l’être au delà des différentes forment du dualisme dans lesquelles l’esprit humain s’enferme.

Le mental ne nous fait plus vivre sous le mode de la dualité dans un tiraillement intérieur incessant

“Thérapie de l’âme” de Cheikh Khaled Bentounes
page 99 et page 143