Ce samedi précédent la « rentrée » de septembre, je suis moi-même sur la route. Arrêt sur une aire de l’autoroute pour déjeuner. L’endroit est plein à craquer. Chance, il reste une place de parking et qui plus est, au pied d’une table de piquenique, et de surcroit à l’ombre ! il n’y a pas à dire, mais après 500 km de tension à conduire à 130 km/h, collé à celui qui roule à 129km/h, empêché de doubler par celui qui roule à 132km/h et qui me contraint à freiner d’urgence parce qu’il reste sur la voie de gauche pendant 3km, me grappillant mètre par mètre, l’air de rien, les yeux dans le vague, comme si de rien n’était, comme si il ne me voyait pas. Mais, au fait, peut-être ne me voit-il pas ! Aïe

Ma situation sur l’aire de repos est donc réconfortante, enfin, l’univers prend soins de moi.

Je me mets donc à table et profite de ce havre de paix au milieu de ce monde de bruit, de tensions, de bulles hermétiques. Une dame s’en vient, tenant deux petits chiens en laisse, certainement cherche t’elle un coin pour les faire se soulager. Elle se dirige vers la zone arbustive du fond de l’aire. Elle passe devant moi, les yeux dans le vague, ailleurs, de peur que je ne la salue peut-être. Mais voilà, les chiens eux veulent s’arrêter, non pas pour me saluer, mais pour se soulager, là, à deux mètres de la table ! Eh bien oui, le regard de la dame se fait encore plus lointain, plus perdu…et les chiens urines sur mes godasses !

Décidément, ce regard vague a encore frappé. Que ne veut-on pas voir ? L’autre ? Pourtant, il est là et bien là.

Quelques instants plus tard, une famille avec trois très jeunes enfants se pointent sur le sentier. Ne voulant pas me déranger, je vois qu’ils vont s’asseoir dans l’herbe plus loin. La table est grande, je ne l’occupe pas entièrement, je les invite à venir plus confortablement déjeuner. Ils apprécient et viennent. Les enfants sont timides et me regardent en mangeant leurs sandwichs. J’engage la conversation « Bonjour, c’est bon ? Tu as de la chance, tu as des chips… ». Sourires et signes d’approbations me récompensent. « Bientôt la rentrée des classes ? » « Moi, dit la fillette, je rentre chez les grands », « moi chez les moyens, poursuit son jeune frère », Madame n’a pas de couteau pour couper le fromage, je lui propose le mien. Voilà, le casse-croute se poursuit, auréolé de convivialité, d’un temps de connexion, de soleil.

Bon sang, je me félicite de n’avoir pas été « soumis » au regard vague, je suis rechargé…

A bientôt, bonne rentrée !

Que c’est mieux de voir.

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