Nationalisme “sportif”

Dans le cadre d’une compétition « internationale », la nation confie à quelques personnages la délicate mission d’être les représentants d’un peuple, est-ce bien raisonnable ? Est-ce que les « compétiteurs » ont conscience de cette mission ? Non, ils ont juste conscience qu’il faut gagner et gagner par n’importe quels moyens, sauf à penser que c’est là le crédo de la nation en question.

Certains joueurs trichent., souvent plusieurs, quelquefois en bande organisée, devons-nous de cela adopter l’idée que la nation qu’ils représentent n’est composée que de tricheurs ?

La répétition de ces attitudes va naturellement nous y conduire et lorsque la nation elle-même ne se départie pas de ceux qui l’entachent, de ceux qui se mettent hors la loi établie et acceptée, l’idée s’ancre et imprimera pour longtemps nos pensées à propos de cette nation. A se demander si dans cette nation la fourberie n’est pas mieux valorisée que l’habileté et le courage ?

C’est là, très dommageable et bien regrettable, nous avons déjà tant de pièges à éviter.

A l’instar de la politique, au royaume du sport, l’ignorance est encore reine.

A bas, la nation, la fierté, le gagnant…

Faire le bien

Je constate que je n’ai pas envie de faire du bien aux autres…juste pour faire du bien, guidé par un conditionnement religieux ou morale, tel que l’on me l’a enseigné : « fais le bien, on te le rendra »

Qu’est-ce que faire le bien ? C’est mettre à disposition de l’autre un ensemble d’informations qui augmente sa puissance (au sens de Spinoza)

Dois-je chercher à tous instants, dans toutes les directions ce qui pourrait être ressenti comme bien par les autres ? Comment puis-je en être sur que je fais le bien?

Par définition cette pensée est issue de mes expériences et non de celles de l’autre. Alors ce que je pense être bien pour l’autre, l’est-il vraiment ? Dois-je me satisfaire de mon schéma pensée-action ? me disant que c’est ce que je peux faire de mieux ? est-ce l’intention qui compte ? Pour ma satisfaction vraisemblablement oui, mais pour celle de l’autre qu’en est-il ? Finalement, est-ce un bien pour l’autre ou un bien pour moi ?

Si je veux vraiment faire du bien à l’autre, peut être devrais-je simplement lui demander ce qui lui ferait du bien à l’instant ou je suis prêt à le faire ? Et s’il me demande quelque chose que je considère, moi, comme pas bien, que dois-je faire ? Nous avons tous été confronté à la volonté que la pièce donnée ne soit pas utilisée pour un litre d’alcool mais pour un sandwich. Tout ceci est bien complexe et troublant, osciller entre morale et pragmatisme.

Et si je ne me sentais pas « obligé de faire le bien », ferais-je le mal ? Est-ce que la relation à l’autre est obligatoire ? est-ce que la relation est obligatoirement une relation pensée ? dirigée ? volontaire ? avec nécessité de retour présupposé ? N’existe-t-il pas une relation de fait, ressentie ? une sensation qui me dit que tu me veux du bien ou que tu me veux du mal, que tu m’es bienveillant ou hostile ?

Certainement, cette sensation nous la connaissons, nous la percevons dans la lecture naturelle de l’attitude de l’autre. C’est une lecture animale, qui ne dois rien à la stratégie. Elle s’impose lors de la rencontre et nous percevons immédiatement ce que projette l’autre, selon mes propres pensées.

Je reçois une pièce de monnaie : « Tiens, celui-ci décharge sa culpabilité de riche, ou sa peur de prendre un jour ma place… » voilà, en aucun cas je ne peut imaginer que la bienveillance existe, tant je suis moi-même confronté à un monde « cruel et malveillant à mon égard »

Reprenant les mots d’Osho, « Personne ne te veut de mal, ni de bien d’ailleurs, tant il est occupé à débattre de ces propres problèmes. Les dégâts occasionnés lors de ses combats ne sont que des dégâts collatéraux non volontaires »

Ainsi la relation, semble-t-il, ne se trouve que dans la zone des dégâts collatéraux. Se pourrait-il que ces « informations » soient chargés de « bien » ?

Je réponds « bien sûr ». En effet lorsque je suis moi-même « informé de bien », heureux, exprimant par le sourire, le regard, la bienveillance que je porte à ce monde qui me rend aujourd’hui heureux, je transmets de facto, cette sensation à l’autre et ainsi je deviens réellement bienveillant. Cette bienveillance n’est pas, vous le voyez, issue d’une pensée et d’un acte volontaire, mais simplement issue de mon « bonheur » et des manifestations parfumées qu’il diffuse.

Alors, suffirait-il d’être heureux soi-même pour faire le bien ? Il  semble donc que oui !

Pragmatiquement, qu’est ce qui peut arriver de mieux à un pauvre ? Qu’il rencontre un riche qui partage !

Le Bouddha enseigne : « Tu ne peux pas donner ce que tu n’as pas »

Je ne transmets que ce qui m’habite, ce qui sous tend mon état du moment, la joie, la peur, la haine, la dynamique, l’immobilisme… Je dois donc me sentir bien moi-même pour pouvoir transmettre le bien.

Une morale dit : « fais aux autres ce que tu voudrais que l’on te fasse », moi je dis « fais-toi ce que tu veux faire aux autres »

Faire du bien aux autres sans le « vouloir », sans le « savoir » est suffisant et la meilleure des façons.

Quand on est bien avec soi-même, le rayonnement est le bien. Ainsi notre bien-être ne nous pousse pas à aller chercher un retour de l’autre pour asseoir son statut de « bienveillant ». D’ailleurs nous pouvons remarquer que lors de nos actions volontaires de bienveillance, si le retour n’est pas conforme à celui imaginé, la haine se substitue immédiatement à la bienveillance.

Quelle histoire ! Le miel pourrait devenir vinaigre, Lustucru ? (bof !)

Simplement, regarder autour de soi l’effet produit, ce serait s’attacher, s’alourdir et se raccrocher le boulet du paraître dont on a eu tant de mal à se défaire pour arriver à ce rayonnement.

Être comme l’oiseau dans le ciel, ne pas laisser de traces… ces traces que l’on pourrait être tenté de regarder.