Communication non violente

Imaginons :

j’ai soif, je voudrai que l’on me serve un verre de vin.

Mes conditionnements divers et variés (religieux, éducation, peur du refus…) me poussent à faire cette demande : “Pourrais-tu me servir à boire”

Mon interlocuteur, fort de sa perception de moi, des conditions de l’instant, me sert un verre d’eau.

Je peste et me dit “quel idiot, il sait que j’aime le vin, pourquoi m’a t’il servi de l’eau ? il veut me contrarier ?” je le juge et la colère s’installe.

Vu comme cela, la situation semble irréelle, et pourtant c’est ce que nous faisons à chaque instant. Comment, dans ces conditions, espérer atteindre l’harmonie et la paix?

Observons cette situation:

Je veux du bleu, je demande du jaune, on me sert du rouge (!) je suis en colère, je ne comprends pas et l’autre ne comprend pas non plus. On se juge, on se fâche, on perçoit le monde comme cruel.

Si je dois changer quelque chose…

Je veux du bleu, j’exprime que je veux du bleu, celui qui entend a le choix : me donner du bleu ou me donner du jaune. S’il choisit jaune, il devient conscient qu’il va entrer en conflit avec moi. S’il choisit de donner du bleu, il entre en “raisonnance” avec moi, considérant ma demande comme l’expression de mon besoin et qu’il n’a pas de raison de ne pas le satisfaire s’il le peut. Ainsi, cristallisation et amplification du vrai. Le seul gagnant/gagnant gratuit que je connaisse.

La vertu de l’expression du besoin, du vrai

L’expérience m’a montrée que lorsque l’on exprime son besoin, c’est que l’on a déjà soi-même fait un travail pour le définir (et ce n’est pas facile de définir un besoin) et qu’en cet état nous devenons vrais et que cet état de vrai diffuse quelque chose autour de nous qui donne à l’autre un sentiment de confiance. Peut-être l’autre a-t-il discerné, dans les signes extérieurs de notre comportement qu’il n’y avait pas de danger et qu’il pouvait être confiant.

Puisque je suis apparu sans armure, c’est que je ne veux pas la guerre. Si je te vois en armure, je me dis que tu as imaginé qu’il pourrait y avoir la guerre, sinon pas besoin d’armure. Une guerre de mon fait ou du tiens ? Je pencherai évidement par penser que ce sera une guerre de ton fait. En ces conditions comment éviter que la moindre étincelle n’enflamme tout? et cela s’enflammera.

Cette armure c’est le mental qui la façonne. Dans son “job” de nous protéger, il dévoie l’expression afin de garder une protection ou cas où. Il pourra même charger mon carquois…

Question : Sommes-nous ainsi obligés de satisfaire toutes demandes des autres ?  Cette question est sans objet, elle est juste expression d’une défense mentale. En effet, nous avons tous la capacité à reconnaitre le vrai et le faux. Le faux sera automatiquement détecté, pesé et refusé.

Là, est la confusion entre le besoin et le désir.

Le désir nécessite l’autre en ce qu’il s’appuie sur lui, l’engage, le manipule, le dépouille de quelque chose, d’un électron…Il est donc compris comme agressif.

Le besoin est intrinsèque, ne concerne que soi, son histoire, son état. Il ne nécessite aucune intervention, ni existence de qui que soit. Il est compris comme non agressif. J’y répond ou pas.

Pour se libérer de cette confusion, il nous faut d’abord nous exercer à faire ce travail sur nous même en nous observant et en reconnaissant ce phénomène dans notre propre existence, chaque jour, à chaque instant en débusquant les moyens habiles mis en œuvre et qui nous éloignent du vrai, de notre nature.

Ainsi, plus nous serons entrainés à être vrai, plus nous le reconnaitrons facilement chez l’autre.

 

Inconnu

Aucune logique mentale ne peut nous faire traverser le rideau de fumée, la fine paroi qui nous sépare de l’inconnu.

Le chercheur induit la découverte, la physique quantique nous le rappelle. La vraie découverte, l’inconnu, ne peut donc être recherché. L’observateur est un être disponible, l’homo inspiratus, il n’est pas un chercheur tel le couple homo sapiens – homo faber.

Flotter dans le champ des possibles en laissant l’inconnu s’imposer, est seul générateur de vie .

« N’aspire pas à l’existence éternelle mais épuise le champ des possibles » Pindare

« La réalité profonde d’un être est liée à sa possibilité, (son champ des possibles) seul tout ce qui est possible est réel. L’existence n’est que contingences » René Guénon

«Le seul choix que nous avons c’est : la mémoire ou l’inspiration» Ihaléakala Hew Len

 

 

Partie

« Je fais partie de là où je suis. Si quelqu’un fait surface avec un problème, cela devient mon problème. Si vous l’apercevez, vous l’avez »

« Je prend 100% la responsabilité de ce qui se passe devant moi » Ihaleakala Hew len

Vous ne connaissez personne qui a un problème que vous ne connaissez pas!

Education

Ce qui manque quasiment à nous tous, c’est une éducation à la vie. Nous ne sommes souvent, que préparés à l’existence. La pression des pensées d’illusion nous aliène aux confusions courantes : existence/vie, plaisir/besoin, pouvoir/puissance, accumulation/expansion, sexe/créativité, direction/sens…

Nous pouvons trouver dans les conditions d’existence actuelles, en occident tout du moins, tout ce dont nous avons besoin pour nous permettre de prendre de la hauteur, d’ouvrir notre champ de vision. (1) Prendre de la hauteur permet d’observer les mécanismes qui nous conduisent et nous maintiennent en cet état de confusion.

Tel Sisyphe, nous œuvrons sans cesse sur la matière en croyant qu’elle modifiera l’être. La matière est souvent une projection erronée de l’être. Erronée parce qu’elle a été passée au filtre du mental conditionné. Ainsi elle ne représente pas une cristallisation de l’être mais une image dévoyée. Nous ne la reconnaissons pas et la souffrance apparait car nous ne pouvons trouver l’alignement nécessaire à l’accomplissement de l’harmonie.

Il nous faut donc une éducation à l’élévation. L’élévation, c’est observer les phénomènes, observer qu’ils sont la plupart du temps issus de confusions, voir que le mode automatique conditionné nous y soumet et que c’est cette confusion qui est la source de nos souffrances, puis comprendre que nous pouvons faire cesser cela et enfin agir en remplaçant la réaction par l’action.

S’élever c’est, se laisser informer des possibles, remettre l’existence à sa place de support et y faire fleurir la vie.

« La réalité profonde d’un être est liée à sa possibilité, (son champ des possibles) seul tout ce qui est possible est réel. L’existence n’est que contingences » René Guénon

 «Le Destin, c’est une existence parsemée de vies»

JACQUART Albert

Militant et fervent défenseur des mal-logés et des “sans papiers”, Albert Jacquart disait

Ce n’est pas « Des papiers pour tous » qu’il faut demander, mais « Des papiers pour personne »

Seul je ne suis que « je », à deux le monde s’éveille.

«Il ne s’agit pas de sauver la planète. Au fond, elle se fout de nous la planète, et on devrait se moquer d’elle. Simplement, il se trouve que c’est sur elle que nous sommes assignés à résidence. Par conséquent, c’est l’humanité qu’il faut sauver.»